Les aides pour le maintien à domicile des personnes âgées

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Si les personnes âgées, dans leur majorité, préfèrent vieillir à domicile, elles ne sont pas toutes égales face à la perte d’autonomie. En mai 2018, le Ministère de la Santé a révélé que seulement 20% des personnes âgées de plus de 85 ans sont dépendantes. 1,2 millions de personnes âgées perçoivent l’aide personnalisée à l’autonomie (APA) dont 60% à domicile. Même si tous les seniors qui vivent encore chez eux ne la perçoivent pas, on estime donc à 750 000 environ le nombre de personnes âgées qui parviennent à y vieillir.

Mais cette réalité implique souvent un aménagement du logement et un accompagnement, au quotidien, qui a un coût, tant pour les seniors que les familles. Voici quelques solutions et aides pour favoriser le maintien à domicile des personnes âgées.

L’adaptation du logement et les aides au logement

L’adaptation du logement de la personne âgée est souvent un préalable face à la perte de mobilité. Sans devoir engager de gros travaux, il faut axer les changements autour de la sécurité et du confort. Pour aider votre proche dans cette entreprise, commencez par lister tous les aménagements qui peuvent s’avérer dangereux en cas de chute ou de malaise. On peut citer :

  1. Rehausser le lit pour que la personne puisse se lever plus facilement.
  2. Supprimer tables basses ou tapis qui peuvent favoriser les chutes.
  3. Remplacer les plaques électriques et la cuisinière à gaz par des plaques à induction pour éviter tout risque de brûlure.
  4. Installer un monte-escalier.
  5. Installer une douche adaptée.

Les aides pour adapter le logement d’un senior

Si votre parent âgé est propriétaire il peut prétendre aux aides de l’Agence nationale pour l’habitat (ANAH). Différentes conditions, de ressources notamment, sont considérées :

  1. A date de réalisation des travaux, le logement doit avoir plus de quinze ans.
  2. Des plafonds de ressources sont pris en compte. L’ANAH distingue les ménages très modestes qui touchent un revenu fiscal de référence inférieur à 21 630 euros par an en habitant en province. Et les ménages modestes qui vivent avec un revenu fiscal de référence inférieur à 27 729 euros par an, toujours en province. Ces chiffres sont valables pour un couple.
  3. Si vos proches se situent dans la première catégorie, l’aide de l’ANAH peut atteindre 50% du montant total des travaux hors taxes sans dépasser 10 000 euros. Dans le 2e cas, l’ANAH prend en charge 35% du montant total des travaux hors taxe dans la limite de 7 000 euros maximum.

Si vos parents âgés sont locataires de leur logement, ils peuvent, avec l’accord de leur propriétaire, effectuer une demande d’aide de l’ANAH à leur place. Bien entendu, la part des travaux non pris en charge par l’ANAH est assumée par le locataire.

D’autres organismes peuvent vous épauler. On peut citer les caisses de retraite, les aides des collectivités locales ou les crédits d’impôt.

Les aides au logement

Outre les aides pour financer des travaux d’aménagement, de nombreux dispositifs d’aides au logement existent pour les personnes âgées. Les conditions pour y prétendre sont :

  • Être locataire, co-locataire ou sous-locataire de son logement. Ou alors être propriétaire ayant toujours un prêt immobilier en cours.
  • Le logement doit être la résidence principale du senior : il doit l’occuper au moins huit mois par an.
  • Le logement doit être décent et aux normes : une superficie d’au moins 9 m2 pour une personne seule et 16 m2 pour un couple.
  • Les ressources du foyer doivent être inférieures au plafond fixé par la CAF ou la MSA.

Il existe de nombreuses aides au logement :

  1. L’Aide sociale à l’hébergement (ASH) qui est délivrée par le CCAS de la commune de résidence. Pour l’obtenir il faut avoir plus de 65 ans ou plus de 60 ans en cas d’inaptitude au travail.
  2. L’aide personnalisée au logement (APL) est destinée exclusivement aux locataires. Mais également aux propriétaires ayant construit, acheté ou rénové un logement grâce à un prêt d’accession sociale (PAS) ou un prêt conventionné (PC), hors logement HLM.
    L’Allocation de logement à caractère social (ALS) : elle est destinée aux seniors n’ayant pas droit à l’APL. A noter que le propriétaire du logement occupé ne doit pas être un ascendant, un descendant ou le conjoint du bénéficiaire.

Le portage des repas

Autre corollaire du maintien à domicile : pouvoir continuer à cuisiner pour se nourrir convenablement. Par manque d’énergie ou parce qu’ils sont malades, les seniors peuvent avoir du mal à se préparer des repas équilibrés et sains pour leur santé. La prise de médicaments peut aussi altérer leur goût et ils n’éprouvent plus de plaisir à s’alimenter. De nombreuses personnes âgées souffrent de malnutrition et également de déshydratation. On estime que ce phénomène touche un senior sur dix vivant à domicile et cela peut avoir des effets très néfastes sur leur santé : perte de poids, fragilité osseuse, fatigue intense et plus grande vulnérabilité aux infections.

L’une des solutions peut résider dans la souscription à un service de portage de repas à domicile. De nombreuses communes et associations le proposent. Le principe est simple :

  • La personne âgée choisit ses menus toutes les semaines et indique le nombre de repas qu’elle souhaite. Les menus peuvent être adaptés au régime alimentaire du senior : sans sel…
  • Les repas lui sont livrés une fois par jour, à part pour le week-end où les préparations sont en général acheminées le vendredi.
  • Le senior n’a plus qu’à réchauffer son repas.

Certaines structures privées proposent de concocter les plats chez la personne âgée. En plus de profiter d’un repas sur mesure, conforme à ses goûts et à ses envie, le senior bénéficie d’un lien social indispensable pour vieillir en toute sérénité.

L’APA une aide financière pour lutter contre la grande dépendance

L’Allocation personnalisée à l’autonomie (APA) vise à favoriser le maintien à domicile des personnes âgées. Elle s’adresse aux personnes de 60 ans et plus qui ont besoin d’une aide pour accomplir les actes essentiels de la vie quotidienne (se lever, se laver…) ou qui nécessitent une surveillance régulière.

Voici quelles sont les conditions pour en bénéficier :

  • Avoir 60 ans ou plus.
  • Résider en France de manière stable et régulière.
  • Présenter une perte d’autonomie évaluée en GIR 1,2, 3 ou 4. Cette évaluation est effectuée par des experts du conseil général du lieu de résidence. Sur la grille Aggir, le GIR 1 est le niveau de dépendance le plus élevé : le senior reste au lit ou dans un fauteuil, ses fonctions mentales sont altérées et il a besoin d’une présence constante. Il peut aussi s’agir d’une personne en fin de vie. Le GIR 4 caractérise une personne qui peut se lever seule mais a besoin d’aide pour se vêtir et se laver. Ou encore pour la préparation des repas.

Quel est le montant de l’APA ?

Le montant de l’APA dépend du niveau de dépendance, mais également des revenus. Les montants ci-dessous sont les montants mensuels maximum que la personne âgée peut percevoir :

  • 1737,14 euros en GIR 1.
  • 1394,86 euros en GIR 2.
  • 1007,83 euros en GIR 3.
    627,26 euros en GIR 4.

Pour calculer le montant auquel votre proche a droit. Il faut d’abord connaître le niveau de son GIR. Ainsi que ses revenus mensuels nets :

  • Si ses revenus mensuels nets sont inférieurs ou égaux à 810,96 euros, il recevra la somme maximale à laquelle il peut prétendre en fonction de son GIR.
  • S’il touche entre 810,96 euros et 2986,58 euros, il recevra de 100 à 10% du montant maximal.
    Si ses ressources mensuelles sont supérieures à 2986,58 euros, il ne recevra que 10% de ce montant plafond.

 

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