Comprendre et prévenir l’ostéoporose

L’ostéoporose est l’une des maladies les plus courantes chez les personnes dites du 3ème âge. Cette maladie diffuse du squelette intéresse d’ailleurs de plus en plus les médecins car le nombre de patients atteints s’est accru ces dernières années. Pouvoir détecter très tôt les signes de cette maladie est aussi le meilleur moyen d’en venir à bout.

Comme la majorité des maladies du 3ème âge, l’ostéoporose est un mal qui touche quasi exclusivement les os. En effet, elle attaque le tissu osseux et le fragilise. Les sujets souffrant de cette maladie ont donc un tissu osseux beaucoup plus fragile et instable que la moyenne, ce qui augmente considérablement le risque de fracture : le plus souvent des fractures vertébrales, fractures du col du fémur ou encore les fractures du poignet.

L’apparition de l’ostéoporose s’explique du fait que les os sont des tissus vivants qui se reconstruisent en permanence et ce à travers des cycles de renouvellement. Une fois passé un certain âge, la masse osseuse réduit considérablement. On dit qu’un patient est atteint d’ostéoporose lorsqu’il perd une quantité de tissu osseux que son corps n’arrivera pas à renouveler pendant le cycle. Ce qui conduit, à terme, à une fragilisation des os et de leur micro-architecture.

Mode de vie, chutes et équilibre sont liés

Les fractures ostéoporotiques sont généralement dues à des chutes minimes. Les personnes atteintes de cette maladie ont donc généralement peur de se mouvoir, et adoptent un mode de vie plus casanier. Ce n’est pas un bon calcul : le manque d’exercice va jouer sur leur équilibre, et donc potentiellement les rendre plus vulnérables à des chutes.

Maux de dos, fractures et fissures des os à répétition sont autant de signes de l’apparition de cette maladie. Les déplacements de la personne atteinte d’ostéoporose sont de plus en plus difficiles car les différentes altérations de son squelette rendent ses os fragiles. Les malades sont même parfois dans l’incapacité de soutenir leur propre poids car la diminution de la densité de leurs os diminue également la résistance osseuse. Il n’est donc pas rare de voir des personnes atteintes d’ostéoporose se déplacer en fauteuil roulant.

Une maladie aux causes multiples

À ce jour, plusieurs causes officielles de l’ostéoporose sont connues. On en recense six.

L’âge

L’âge est le premier facteur d’apparition de l’ostéoporose. En effet, le vieillissement des os est la première cause de cette maladie. Notons cependant que des cas d’ostéoporose sur des personnes âgées de 45 à 50 ans sont de plus en plus fréquents.

Le manque de vitamine D et de calcium

Si le calcium est réputé pour participer à la formation et au renforcement de la masse osseuse, c’est la vitamine D qui permet à l’organisme de l’absorber. L’un ne va donc pas sans l’autre. Un apport insuffisant de ces deux éléments essentiels peut concourir à la fragilisation des os.

Les troubles de l’absorption

Certaines maladies comme la polyarthrite rhumatoïde, la maladie de Crohn, l’hyperparathyroïdie primaire, la maladie cœliaque ou encore l’hypogonadisme empêchent ou freinent l’absorption des nutriments sont le calcium et la vitamine D. C’est ce qu’on appelle des troubles de l’absorption, qui peuvent favoriser l’apparition de l’ostéoporose ou l’aggraver.

La ménopause

La ménopause peut également avoir un effet sur la santé de vos os. L’ostéoporose constitue avant tout un fort dérèglement des hormones. Or, les hormones jouent un rôle d’importance dans le contrôle du remodelage osseux et dans la construction de jeunes os. L’apparition de l’ostéoporose est deux à trois fois plus fréquente chez les femmes que chez les hommes, et c’est lié à cette différence hormonale et au « désordre hormonal » que constitue la ménopause.

IMC, morphologie et fractures passées

Si être une femme augmente les risques de prévalence, être de nature frêle peut aussi constituer un facteur de risque supplémentaire. Les personnes ayant un IMC inférieur à 19 sont les premières touchées par cette maladie.
Aussi, si la personne a un ou plusieurs antécédents de fracture, elle sera alors plus vulnérable à contracter une fragilité osseuse. Lorsqu’en plus, il y a des antécédents familiaux d’ostéoporose, le risque est encore plus accru.

Le défaut d’exercice physique

Nous avons déjà abordé ce point : étant donné que les os sont des tissus vivants, ils ont besoin de se renforcer avec des exercices. Aussi, plus vous êtes inactif et plus votre profil est dit à risque.

Diagnostiquer et soigner l’ostéoporose

Examens et diagnostics

  • Le FRAX (Fracture Risk Assessment Tool) permet d’évaluer le risque de fracture absolu sur 10 ans, et ce, sur la base de nombreux facteurs. C’est un calculateur proposé par l’Université de Sheffield (Angleterre) et qui est libre d’accès. Il ne s’agit donc pas d’un diagnostic médical mais plutôt d’une évaluation des risques par rapport au profil du patient.
  • Le TMO permet de mesurer la Teneur Minérale des Os. En cas de risque de fracture absolu, cet examen est réalisé chaque année ou tous les 3 ans pour un suivi régulier.
  • La TDM ou tomodensitométrie qui permet, au moyen des rayons X, de vérifier la qualité des os de la colonne vertébrale ou de la hanche qui sont deux endroits du squelette dits à risque.
  • L’échographie permet de vérifier l’état de certains os, notamment ceux du talon.
  • L’analyse de sang et d’urine permet enfin de vérifier les taux d’hormones lorsque l’ostéoporose est essentiellement d’origine hormonale.

Traitement de l’ostéoporose

La prévention reste le « traitement » le plus efficace et elle passe par les actions ci-après :

  • La pratique régulière d’activité physique (étirements, marche à pied, yoga…) ;
  • L’adoption d’un mode de vie sain et d’une alimentation équilibrée ;
  • L’apport en vitamine D et en calcium.

Lorsque la prévention n’a pas suffi et que le diagnostic d’ostéoporose est avéré, plusieurs traitements peuvent être alors proposés :

  • Les modulateurs sélectifs des récepteurs œstrogéniques (MSRO)
  • Le dénosumab, un anticorps administré par voie sous-cutanée
  • Les bisphosphonates, des molécules ingérées sous forme de gélules
  • Les traitements de remplacement hormonal
  • Les analogues de l’hormone parathyroïdienne
  • La testostérone, qui peut améliorer la densité minérale osseuse

Dans tous les cas, l’ostéoporose ne peut être « soignée » mais il ne faut pas pour autant y voir une fatalité : à l’instar du diabète, l’ostéoporose doit vous pousser à adopter un mode de vie sain et à faire davantage d’exercice physique.

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